Et bien que Dieu soit mort, nous en sommes restés là, 
nous en sommes restés tous choses, choses les uns aux autres et chose à nous mêmes. 
C'est une qualité, une vertu assure-t'on désormais que l'objectivité. 
Mais nos passions ne sont pas pour si peu en reste, 
puisque la chose nous a soufflé l'objet de nos désirs et nos objets sexuels. 
Et nous voilà, les corps graves et lestés de tout cet appareillage sadique et masochiste 
de quoi nous participons tous
- et pour cause, étant tous par nature techniciens - 
ne sachant plus très bien s'il reste encore un peu d'animal sous la chose. 
Incapables même de voir, aveuglés que nous sommes par cette mortelle gravité 
dont la chose a désormais coloré nos émois, 
par l'évidence comique, aussi irréfutable qu'intime de notre propre réification.